RUBRIQUE SANTÉ
L'alimentation est un point très important pour le bien être des oiseaux, c'est pourquoi il y a un apport un peu théorique mais également des aspects pratiques.
Le régime alimentaire que vous offrez à vos oiseaux est certainement l'élément le plus important du tout l'élevage. Il peut transformer un oiseau chétif en un sujet resplendissant. Vous pouvez tuer un oiseau ou prolonger sa vie selon le type de nourriture mis à sa disposition. Il faut s'assurer avec soin que les friandises occasionnelles et les oligo-éléments vitaux sont assez variés et sont fournis en quantités suffisantes et aux périodes appropriées.
En plus de l'alimentation, il faut apporter un soin particulier à l'eau et à l'air.
 
L’ALIMENTATION :
L'alimentation de vos oiseaux est probablement le domaine le plus important dans le chapitre des soins. Certes, elle varie suivant les espèces : granivores, frugivores, insectivores, omnivores, carnivores, piscivores, nectarivores etc., mais pour chacune elle doit apporter des nutriments de base : protides, lipides, glucides, sels minéraux, vitamines et oligo-éléments.
En pratique, cela signifie qu'en plus des aliments tout préparés du commerce, tels que mélange de graines ou pâtées d'élevage, il est bon d'offrir une source de protéines d'origine animale ou végétale (exemple : oeuf ou soja), des céréales (maïs, blé germé), des légumes divers (salades, primeurs), des morceaux de fruits variés.
De nombreuses espèces acceptent des insectes vivants : vers de farine, grouillots, teignes de ruche, oeufs de fourmis, chenilles, sauterelles, etc.
Il faut mettre à disposition sable et gravier, bloc minéral, os de seiche et de l'eau de boisson fraîche, limpide et souvent renouvelée (au moins quotidiennement).
Comme les humains, les oiseaux ont souvent des habitudes alimentaires. Certains se révèlent incapables de changer de régime ou d'accepter un nouvel aliment. Vous devez cependant persévérer dans vos tentatives en mélangeant progressivement et régulièrement le nouveau composant à la pâtée habituelle.
Il est fondamental qu'un régime soit varié et complet, et susceptible de varier dans sa composition avec les saisons (plus riche en protéines pendant l'élevage).
Tous les aliments sont offerts propres et frais et renouvelés, aussi souvent que nécessaire.
PROTÉINES :  Par définition, les protéines servent à l'édification des tissus vivants.Leur origine est vivante, animale ou végétale. Les acides aminés sont les constituants des protéines. Nous allons en citer quelques-uns :
  • le tryptophane, il a un rôle anti-anémique, il sert à la fabrication de l'hémoglobine.
  • la lysine et l'arginine sont indispensables pour le développement de l'embryon.
 Les protéines sont présentes, à un taux généralement assez important, dans les pâtées. Dans le commerce, il existe de nombreuses pâtées. Et comme chaque année, les connaissances augmentent, les pâtées sont améliorées. L'éleveur a donc un choix important, mais la base de celles-ci est généralement commune. La pâtée doit être appétissante et moelleuse. Si elle est trop sèche, il faut l'humidifier avec de la pomme ou de la carotte râpée. Quelques graines, dont les oiseaux raffolent, peuvent être rajoutées.Nous déconseillons de donner une proportion importante d'oeufs.Ceux-ci sont très riches en protéines mais sont très indigestes chez les jeunes oiseaux. Pendant la période d'élevage, nous donnons également du pain trempé dans du lait, ou dans de l'eau quand le temps est trop chaud ou orageux (le lait se conservent mal). Le lait est en effet un apport de protéines et d'acides aminés, principalement la lysine.

Voici un petit tableau donnant la teneur en énergie pour 100g.
Calories/gramme Protéines brutes Calcium Phosphore Matières grasses
Lait entier 680 3,5 0,12 0,009 3,9
Lait écrémé 360 3,5 0,13 0,090 0,1
Lait écrémé en poudre 3730 38 1,30 0,950 1

LES MINÉRAUX :
Leur carence peut entraîner une faiblesse des pattes et un mauvais plumage (perte de plumes, picage).
Les macros éléments :
Le phosphore est un des constituants les plus importants du squelette avec le calcium. C'est aussi un tonique musculaire et cardiaque, ainsi qu'un catalyseur du foie.
Le calcium se trouve principalement dans l'os et la coquille d'oeuf. Il est indispensable à la femelle qui pond.
Le magnésium est un anti-infectieux; il favorise la croissance et aide à la digestion; il stimule les fonctions reproductrices.
Le souffre favorise l'assimilation des protéines.
Et enfin citons les trois autres potassium, sodium et chlore.
Les oligo-éléments :
Leur carence peut entraîner des troubles divers, de l'anémie, de l'amaigrissement.
Le manganèse facilite la croissance et la reproduction; on le trouve dans l'alpiste et la verdure.
Le fer est un constituant essentiel de l'hémoglobine; associé au cobalt et au cuivre, il est anti-anémique.
Le cuivre est un anti-infectieux et anti-anémique.
Le zinc assure une bonne croissance et une bonne ossification.
L'iode est un constituant des hormones thyroïdiennes; il assure un beau plumage.
Les minéraux manquent généralement dans les graines, principalement le calcium. Le rapport C/P (Calcium/phosphore) joue un rôle très important dans l'alimentation. Tout excès de l'un par rapport à l'autre peut entraîner des troubles de l'ossification. Le rapport optimum est compris entre 1,4 et 1,8. D'autre part, ces deux éléments ne seront absorbés que s'il y a présence de vitamine D (antirachitique). En ne distribuant qu'un mélange de graines, ce rapport descend en dessous de l'unité.
Pour remédier à cette déficience en minéraux, nous mettons un os de seiche dans chaque cage ou volière. La composition de cet os de seiche est sensiblement équivalente à celle de la coquille d'oeuf. Cet os est donc indispensable dans chaque volière d'élevage. La diminution de celui-ci nous donne un précieux renseignement sur le début de la ponte (les oiseaux le mangent beaucoup plus avant la ponte).
En complément, nous pouvons distribuer des coquilles d'huîtres pilées et des blocs minéraux. Nous donnons en plus de l'os de seiche traditionnel un bloc de minéraux pour pigeon et du sable dans le fond des volières.
 
 
VITAMINES  Les vitamines se divisent en deux groupes :
  • les vitamines hydrosolubles, ou solubles dans l'eau, groupe B, C, P, H
  • les vitamines liposolubles, ou solubles dans les graisses, A, D, E, K
 Nous recherchons la manière la plus naturelle pour distribuer les vitamines à nos oiseaux, et aussi la plus assimilable. Le recours aux solutions poly vitaminées est plus simple, mais nous déconseillons l'utilisation des solutions ne contenant qu'une seule vitamine, un dosage mal équilibré peut entraîner des troubles graves.Un des apports le plus important est obtenu par les germes de farines, principalement la vitamine E.Pour obtenir le maximum de ces vitamines, il est nécessaire que ces germes soient le plus petit possible (jusqu'à 1mm), au-delà, les vitamines se détruisent.Nous faisons germer surtout le tournesol et le blé, car ce sont des graines à germination assez rapide.Nous les laissons une journée dans l'eau puis les lavons abondamment, et enfin nous les laissons une journée ou deux à germer. La rapidité de sortie des germes dépend de la température de la pièce.En été, 24h après leur sortie de l'eau, nous pouvons distribuer les graines germées. Les petites graines peuvent également être mises à germer (millet, alpiste, ect.).La verdure est aussi une source de vitamines et de minéraux qui ne doit pas être négligée. Mais si l'oiseau n'y est pas habitué, il faudra lui en donner progressivement.Pour éviter le fermentation de la verdure, il ne faut la donner qu'en petite quantité à la fois et toujours sèche. Les agapornis la dédaignent cependant généralement en plus des vitamines, certaines plantes ont des propriétés particulières.Nous reportons nos web lecteurs à des livres spécialisés sur les plantes.Nous allons vous donner quelques renseignements précis sur les plantes que nous utilisons de temps en temps.
  • le Plantin, de préférence, les graines mi-mûres seront distribuées. Les oiseaux les acceptent facilement. Le Plantin combat la diarrhée.
  • le pissenlit, il apporte de la choline et a donc un effet régulateur sur le foie des oiseaux. Nous pouvons distribuer les graines mais aussi les feuilles.
  • le mouron, très prisé des éleveurs de canaris, il attire très peu les agapornis (il attire cependant beaucoup les grandes perruches, ainsi que la bourse à pasteur et le séneçon).
Parmi les salades, la laitue est la préférée des perruches, mais cependant assez délaissée par les agapornis.
LA VERDURE
Nom Protéines brutes(%) Lipides(%) Calcium(%) Phosphore(%) Glucides(%)
Carotte 1,1 0,2 0,038 0,037 9,1
Laitue 1,2 0,2 0,060 0,030 2,5
Pissenlit 2,7 0,7 0,180 0,066 9,2
Trèfle 32 7      
Luzerne 17 27,5 1,600 0,260   
Plantain 16 27 3,200      
Tomate 1,1 0,2 13    4
Chou 1,4 0,2 0,420 0,070 5,7
LES FRUITS
Nom Protéines brutes(%) Lipides(%) Glucides(%) Calcium(%) Phosphore(%) Fer(%) Vitamines Observations
Pomme 0,3 0,5 15 0,006 0,010 0,0003 A et hydrosolubles Riche en minéraux et en vitamines
Poire 0,4 0,4 15 0,008 0,008 0,0003      
Sorbier 6 6 65       C Riche en vitamines et en oligo-éléments
Datte 2,2 0,5 73 0,059 0,003 0,0030 A, C, groupe B
Figue 4    60             Riche en énergie
LES GRAINES
Nom Protéines brutes(%) Lipides(%) Phosphore(%) Calcium(%) Vitamines
Alpiste 16,5 5 0,40 0,05 Groupe B + E
Millet blanc 10 4 0,30 0,05   
Millet jaune 12 4 0,05 0,28 Presque toutes à un taux peu élevé, sauf C
Millet roux 12 5 0,28      
Moha 14 8 0,33 0,03   
Gruau avoine 13 2 0,40 0,09   
Riz paddy 7 30 0,21 0,06   
Chènevis 23 50 0,85 0,20 Liposolubles
Tournesol 25 33         
Lin 23 4 0,60 0,26   
Maïs 9 1,70 0,25 0,03 Groupe B
Blé 11,5 0,33 0,33 0,05 Manquent C, D, A très faible
LES GRAINES
Nom Acides aminés Observations
Alpiste Tryptophane et Arginine Manque lysine et méthionine,Teneur insuffisante en calcium,Bonne source d'oligo-éléments
Millet blanc    Manque lysine, tryptophane et arginine,Teneur en calcium insuffisante,Apport d'énergie
Millet jaune      Idem au millet blanc
Millet roux      Idem au millet blanc
Moha          
Gruau avoine Lysine, Thréonine, Arginine,Acides aminés soufrés Faible teneur en calcium,Riche en énergie,Riche en zinc et en cuivre
Riz paddy Lysine,Tryptophane,Thréonine,Arginine,Acides aminés soufrés Riche en énergie,Équilibré en acides aminés indispensables,Assez pauvre en protéines
Chènevis Équilibré sauf en lysine       
Tournesol Équilibré sauf en lysine et en leucine Riche en graisses et en protéines
Lin      
Maïs Déficient Faible teneur en minéraux,Très riche en énergie,Manquent lysine et tryptophane
Blé Tous présents à un taux moyen Équilibré

LES DIFFÉRENTES VITAMINES
Vitamines
Structure chimique
Source principale
Rôle physiologique
Carences
A
Axérophtol, Rétinol dérivé du carotène
Huile de foie de morue, Oeufs, Fruits,Carotte, Jeunes pousses de saule ou d'arbres fruitiers, Lait
Nécessaire à la vision nocturne, Favorise la croissance
Perte de la vision  crépusculaire, Baisse de la résistance aux  infections, Mauvaise ossification
B1
Thiamine
Levure de bière, Foie, Riz complet, Blé, Maïs, Fruits
Anti-névritique, Antibéribérique, Favorise la digestion et l'assimilation des glucides
Troubles nerveux et  cardiovasculaires (perte  d'équilibre, Renversement de la tête sur le dos)
B2
Riboflavine
Levure de bière, Foie, Oeufs, Lait, Céréales, Fruits verts
Favorise la vision semi nocturne
Baisse de l'acuité visuelle,  Troubles de croissance,  Mortalité dans l'oeuf
B3 ou PP
Nicotinamide
Levure de bière, Foie, Fruits secs, Lait
Rôle important dans la respiration cellulaire
Troubles digestifs et nerveux
B4
Adénine
Levure de bière, Foie, Betterave, Thé
Permet la synthèse des nucléoprotéides
B5
Acide pantothénique
Levure de bière, Foie, Jaune d'oeuf
Arrêt de la croissance, Croûtes  sur les pattes, Au coin du bec,  Perte de plumes
B6
Pyridoxine
Levure de bière, Lait, Oeufs, Germes de blé
B9
Acide folique
Levure de bière, Légumes frais à feuilles vertes (épinards), Poissons
Antianémique
Anémie, Troubles de la  croissance
B12
Cyanocobalamine
Foie, Poisson, Lait, Oeufs
Antianémique, action sur la croissance, utile pendant la mue
Anémie, Asthénie, Retard de la  croissance
C
Acide ascorbique
Légumes et fruits frais
Antiscorbutique, Favorise le développement des os, Stimule la résistance de l'organisme, Permet l'assimilation des aliments.
D
Cholécalciférol
Vient de l'irradiation de la peau par la lumière solaire, Huile de foie de morue
Antirachitique, Rôle dans l'ossification (favorise l'assimilation du calcium et  du phosphore)
Troubles de l'ossification
E
Tocophérol
Oeufs, Germes de blé, Verdure
Fécondité, Tonus musculaire
Baisse de la fécondité
F
Huiles végétales
H
Biotine
Foie, Jaune d'oeuf, Levure de bière
Facteur de croissance
Dermatite, Troubles psychiques
K
Phylloquinone
Verdure, Mouron, Pissenlit, Insectes, Fruits, Foie
Antihémorragique, Permet la  coagulation normale du sang
Hémorragies
P
Fruits
Augmente la résistance des vaisseaux  sanguins

ENVIRONNEMENT
La température :
Un oiseau en bonne santé tolère des températures ambiantes qui sont agréables pour les humains.
Il faut cependant offrir à l'oiseau une fourchette de température voisine de celle de son pays d'origine. Eviter les écarts de température brusques et importants. Trop au froid, l'oiseau se met en boule. Trop au chaud, il respire vite et tient ses ailes détachées du corps.
L'humidité :
Les oiseaux ont une bonne faculté d'adaptation à l'hygrométrie ambiante. L'idéal est d'ajuster le taux d'humidité de l'air aux exigences de l'espèce, plus sec pour les oiseaux nordiques, montagnards ou désertiques, plus humide pour les oiseaux de forêts tropicales.
Beaucoup d'oiseaux aiment se baigner (signe de bonne santé). Certains prennent plaisir à être vaporisés par un spray d'eau fraîche.
Le soleil :
Les rayons solaires apportent mille bienfaits. La plupart des oiseaux aiment le soleil et même les bains de soleil. Ils doivent toujours disposer d'une zone fraîche et ombragée où se réfugier s'ils le désirent. Toujours éviter l'excès, trop chaud ou trop longtemps.
L'utilisation d'un éclairage artificiel (tubes ou lampes à spectre "lumière du jour"), est recommandé l'hiver à l'intérieur, car il apporte les rayons ultraviolets indispensable au moins une ou deux heures par jour.
La durée d'éclairement :
La durée d'éclairement quotidien, ou photopériode, est un facteur capital pour la vie de l'oiseau.
Dans nos contrées, la durée du jour est plus courte l'hiver, s'allonge au printemps et diminue en fin d'été.
C'est ce facteur qui détermine le cycle de vie de l'oiseau, reproduction au printemps, mue en été, pause en arrière saison. Les oiseaux d'origine exotique s'adaptent à ce rythme européen. Il est impératif de respecter la durée d'éclairement naturelle, il suffit de suivre la durée du jour au dehors et d'éclairer ses oiseaux de cette même durée. En lumière artificielle, certains éleveurs utilisent des programmateurs qui règlent la photopériode automatiquement.
Un éclairement de durée constante (soirée prolongées en hiver) peut provoquer des désordres graves, mues localisées et persistantes, ponte toute l'année avec fatigue des oiseaux, masculinisation des femelles. Il faut donc assurer aux oiseaux des heures de lumière et d'obscurité correspondant sensiblement aux durées du jour et de la nuit à chaque moment de l'année. Une lumière très faible peut tout perturber et un tissu clair recouvrant la cage ne suffit pas, si vous pouvez lire un titre moyen de journal, il y a assez de lumière pour influencer vos oiseaux.
L'air :
L'air est le premier "aliment" des oiseaux. Une pièce bien aérée, une bonne oxygénation, une ventilation sans courants d'air sont indispensables à la santé de l'oiseau, l'air doit "être respirable par excellence".
L'oiseau respire et, par rapport à sa taille, beaucoup plus qu'un être vivant plus gros, chien ou homme.
Il est donc des centaines de fois plus sensible à toute substance nocive présente dans l'air, les émanations de gaz de houille, vapeurs de produits chimiques (détachants, insecticides) peuvent être mortelles à des doses qui, chez nous, ne causent pas le moindre trouble. Il a été observé de très nombreux cas d'intoxications mortelles rapides (mort en quelques minutes) par les émanations provenant des rôtissoires électriques.
Il faut donc assurer aux oiseaux un air pur, renouvelé, exemple de vapeurs diverses; la cuisine n'est donc pas un lieu idéal.
Il faut noter que l'oiseau bien nourri ne craint pas le froid s'il est à l'abri des courants d'air. Non seulement des canaris mais aussi des perruches sont élevées à l'extérieur, en France, même dans le nord de l'Europe. Il faut seulement éviter les changements brusques.
LOGEMENT
Le logement désigne la cage ou la volière. Contrairement à une idée reçue et colportée par l'ignorance, une cage offre à l'oiseau un territoire représentant sa propriété personnelle où il doit se sentir en sécurité, sur laquelle il règne en maître, et qu'il défend jalousement.
Cette notion est fondamentale si l'on veut comprendre le comportement et la physiologie de l'oiseau. Même un oiseau parfaitement apprivoisé et habitué à vivre en liberté, rentre avec plaisir évident dans sa cage, qui est sa maison.
L'incompréhension de ce phénomène a permis la mise sur le marché d'un grand nombre de modèles de cages inadéquates, et qui offrent plus l'image de prisons, ou de geôles, que de maison pour l'oiseau.
Une cage doit être spacieuse et privilégier selon l'espèce, la longueur pour le vol, la hauteur pour les grimpeurs, ou la surface au sol pour les oiseaux qui piétinent. Il est souvent préférable qu'elle soit fermée sur un ou plusieurs côtés.
Une cage doit être faite de matériaux solides, non toxiques (notamment les peintures de revêtement), et n'offrir aucun élément qui permettrait des traumatismes, ou des blessures. Elle doit être d'un nettoyage facile et complet, grâce à des éléments pouvant être retirés de l'extérieur.
Le choix d'une cage doit être soigneux et se faire en fonction des espèces qu'on désire y élever. Le conseil d'éleveurs chevronnés appartenant à des clubs d'élevage est toujours recommandable. Cela est encore plus vrai pour les volières, qui sont des constructions importantes et onéreuses.
Les perchoirs :
Ne pas en multiplier le nombre et les espacer pour privilégier le vol. Leur diamètre sera suffisamment grand pour que la patte de l'oiseau posé ne puisse en faire le tour. Le bois naturel doit être non traité et provenir d'arbres non toxiques (exemple : citronnier, eucalyptus, pin d'Australie, etc.) que les oiseaux pourraient mâcher. Les grimpeurs affectionnent les grosses branches sinueuses disposées verticalement. Ne placer ni mangeoires, ni abreuvoirs, sous les perchoirs pour éviter les souillures.
Les mangeoires et les abreuvoirs :
Choisir des plats larges et faiblement évasés plutôt que des coupes profondes, les oiseaux s'y rendront plus volontiers. Eviter les couleurs vives. Préférer le pyrex au plastique.
Les fonds de cage :
L'idéal est le papier recyclé. Il est absorbant, et permet de voir immédiatement l'état des fientes.
L'hygiène :
Un nettoyage rapide quotidien, et un nettoyage complet hebdomadaire assurent une hygiène correcte.
Le confort :
A l'intérieur de la cage, un refuge pour l'oiseau tel que nichoir bûche, ou recoin protégé par un morceau de carton etc., offre à l'oiseau un endroit de repos à l'abri des regards, où il peut se retirer au calme.
L'activité :
Un oiseau de compagnie peut être lâché en liberté dans une pièce chaque jour pendant un bon moment, pour voler et se détendre. Il retournera souvent de lui-même dans sa cage. Celle-ci doit avoir un emplacement définitif dans la maison, un salon est indiqué.
Pas de cuisine, ni une chambre à coucher. A l'intérieur d'une cage, on peut disposer des "sources d'intérêt" correspondant aux goûts de l'oiseau, pommes de pin, écorces, mousses, végétaux frais récoltés en promenade, tels que mouron blanc, séneçon, bourse à pasteur, pissenlit, divers petits fruits, baies ou amandes diverses, petits insectes souvent la curiosité ou même le jeu l'empotent sur le simple appétit.
Eviter les "gadgets" artificiels en plastique de couleurs violentes qui effraient l'oiseau.
Les perroquets souvent très intelligents, nécessitent attention et psychologie pour engager une relation sociale, surprenante et complexe avec l'être humain.

ANTIBIOTIQUES
On entend souvent dire "tel antibiotique agit sur les salmonelles" ou "tel autre sur le colibacille" et ces affirmations ont quelque chose d'absolue qui est très éloigné de la réalité.
Quand on dit qu'un produit agit sur tel microbe, cela veut dire seulement qu'il agit sur ce microbe dans la grande majorité des cas et pas du tout "toujours".
On parle "du" colibacille comme s'il n'en existait qu'un seul, alors qu'il en existe des milliers de types. Mais, bien plus, même si l'on prend un de ces types retrouvé chez divers malades, on se rend compte que le comportement de différentes souches n'est pas le même, certaines sont sensibles à un antibiotique donné, d'autres sont résistantes et pourtant du point de vue bactériologique il s'agit du même microbe.
Il est donc facile de comprendre qu'un traitement ne peut être garanti à 100%. Si l'on veut savoir, à coup sûr, quels sont les antibiotiques efficaces, la seule solution est l'antibiogramme, examen par lequel on essaie divers antibiotiques sur une souche donnée d'un germe pathogène. L'antibiogramme est donc la planche de salut la plus sûre quand un traitement, efficace en générale, s'avère en échec dans un cas particulier.
Les difficultés de l'antibiogramme :
L'antibiogramme en lui même est un examen bien au point et pratiqué de façon courante.
Les difficultés ne viennent pas de lui, mais de l'isolement du germe pathogène à partir de l'oiseau. En effet, dans le cas qui nous intéresse, on isole un germe banal et sur des cadavres en mauvais état de conservation on n'est jamais certain que le microbe isolé soit celui qui est à l'origine du problème.
Ce serait plus facile avec un microbe spécifique comme une salmonelle car si on l'isole on peut être certain à 99% que c'est bien la cause de la maladie.
C'est pourquoi, pour faire un antibiogramme efficace, nous conseillons toujours aux éleveurs de porter eux-mêmes un ou deux oisillons encore vivants au laboratoire le plus proche. C'est une condition essentielle pour que le résultat de l'antibiogramme soit valable et profitable.
Les antibiotiques que d’erreurs sont répandues en leur nom !
Les antibiotiques sont des produits généralement d'origine biologique provenant de certains champignons ou bactéries qui, au cours de leur développement, produisent des substances. La production de substances diverses dans ces conditions est connue depuis longtemps, mais on s'était, jusqu'à la découverte des antibiotiques, surtout préoccupé des substances toxiques qui expliquaient la gravité de certaines maladies comme le tétanos, la diphtérie, le botulisme et qui, en raison de leur haute toxicité, avaient été dénommées "Toxiques".
Plus récemment, on a découvert que certains champignons microscopiques (moisissures) pouvait, eux aussi, produire des toxines en se développant dans les aliments destinés aux animaux; on les a dénommés mycotoxines.
En fait, sur le plan de la production par les champignons ou les microbes, rien ne différencie une toxine d'un antibiotique. La différence n'existe que sur le plan de la toxicité pour les animaux supérieurs et l'antibiotique n'est en somme qu'une toxine non toxique pour eux mais capable par contre d'arrêter le développement ou de tuer certains microbes causant des maladies de ces mêmes animaux.
Il est donc possible de donner les définitions suivantes :
Toxine : substance produite par un microorganisme au cours de son développement et capable d'exercer une action toxique souvent très violente (la toxine botulinique est le poison le plus violent qui soit connu) chez l'animal chez lequel ce microbe se développe ou chez l'animal qui l'a ingéré.
Antibiotique : substance produite par un microorganisme au cours de son développement, capable de tuer ou d'arrêter le développement de microorganismes pathogènes et qui, aux doses normales, ne présente pas de toxicité.
Ces deux conditions ne sont pas toujours remplies et, à coté des antibiotiques découverts et utilisés en thérapeutique on a, au cours des recherches incessantes, trouvé de nombreux produits ayant de remarquables propriétés "antibiotiques" (ce qui signifie "capable de s'opposer aux phénomènes vitaux"), mais trop toxiques pour pouvoir être utilisés, en quelques sortes des "toxines antibiotiques", sans compter avec les innombrables produits qui ne sont ni toxiques ni antibiotiques et dont on ne parle pas.
Ce serait une erreur de croire que les microbes et les moisissures qui se sont développés dans de nombreux aliments de consommation courante, comme les fromages en particulier, n'ont rien produit. Simplement, ils n'ont produit que des substances non toxiques.
La diversité des antibiotiques :
La liste des antibiotiques utilisés en médecine (humaine ou vétérinaire) est déjà longue.
Chacun d'eux ou chaque groupe de ces antibiotiques, possède une action antimicrobienne déterminée, sur certains germes pathogènes.
Il existe des antibiotiques qui ont une action sur une grande variété de microbes, ils sont dits "à large spectre", d'autres n'agissent que sur des groupes microbiens plus étroits.
Cela suppose donc de grandes différences entre les divers antibiotiques sur le plan de leur constitution chimique et de leur comportement dans l'organisme du malade qui les absorbe.
Par exemple, certains absorbés par la bouche restent dans le tube digestif et sont rejetés sans être passés dans le sang. C'est le cas de la néomycine qui, utilisée en injection, serait très toxique, cette propriété permet de l'employer sans danger dans les infections intestinales.
Un antibiotique du même groupe la colistine reste aussi dans l'intestin mais peut être employée en injection car non toxique aux doses utiles, de même la streptomycine, bien que sa toxicité soit plus marquée.
Il faut donc bien comprendre que sur le plan des inconvénients, pas plus que sur celui des avantages ou de l'utilisation, on ne peut généraliser et parler globalement des antibiotiques.
C'est pourquoi la formule, si répandue chez les éleveurs d'oiseaux, selon laquelle "les antibiotiques brûlent l'appareil reproducteur" est une erreur totale. Même si un antibiotique, ou groupe d'antibiotiques, avaient cette propriété (ce qui n'est jamais le cas), il n'y aurait aucune raison de généraliser, étant données les différences totales qui existent entre tous les antibiotiques.
C'est comme si l'on disait l'amanite phalloïde est un champignon mortel, donc tous les champignons sont mortels, ou encore, le datura et la belladone sont des plantes toxiques de la famille des solanées, donc je ne mange ni aubergines, ni tomates, ni pomme de terre, de peur de m'empoisonner.
 
 
 
SULFAMIDES
Les sulfamides responsables ?
Cette généralisation, grossièrement erronée, vient peut-être des sulfamides, antibiotiques aussi à leur façon, mais d'origine artificielle et obtenues par synthèse chimique.
Ces produits, découverts un peu avant les antibiotiques, constituent un groupe bien plus homogène puisque tous ont, comme disent les chimistes, "une fonction sulfamide".
Leur action sur les microbes s'explique pour tous, par un processus identique, ce sont des "anti-acide para-amino-benzoïque, cet acide étant une sorte de vitamine nécessaire aux microbes.
 Si l'on considère que la fonction sulfamide a en propre des effets secondaires néfastes, on peut parler des inconvénients des sulfamides. Rien de tel pour les antibiotiques, entre la pénicilline et l'érythromycine, il y a autant de différence qu’entrent un pommier et une carotte !
Et quelqu'un qui voudrait, sur une tarte remplacer les pommes par des carottes passerait pour un peu "dérangé".
Pourtant si vous assurez que ne supportant pas la pénicilline (ce qui est effectivement le cas de certaines personnes) vous refusez du même coup tous les antibiotiques, seuls les spécialistes souriront poliment de votre affirmation ou impoliment vous traiteront d'imbécile ou d'ignorant. 

LIMITES
Les inconvénients des antibiotiques :
Les antibiotiques ont une action sur les microbes ou sur certains microbes, c'est leur seul point commun et c'est donc la seule explication qui peut être donnée à un inconvénient commun à tous les antibiotiques.
Il existe, il est en général mineur car on peut y remédier, c'est l'action sur la flore intestinale. L'antibiotique stoppe le développement de certains microbes intestinaux normaux et la place libre est occupée par des champignons, des levures ou des microbes résistants à l'antibiotique utilisé, il en résulte des troubles qu'il faut corriger par des antifongiques ou par des ferments lactiques.
Pour tous les autres inconvénients ou dangers, il est impossible de généraliser et si un antibiotique (ou groupe d'antibiotiques ayant une structure chimique commune) peut avoir une action secondaire particulière, on peut en aucun cas prévoir une action semblable d'autres antibiotiques totalement différents.
Quand à l'action sur la reproduction, possible mais passagère, avec les sulfamides (et encore pas tous), elle parait, pour les antibiotiques, relever de l'imagination pure.
Bien sûr, monsieur Dupont, une année a traité aux antibiotiques et ces mêmes oiseaux, l'année suivante ont fait une mauvaise saison de reproduction.
Ce n'est pas une raison pour accuser les antibiotiques car monsieur. Duval, Durand, etc. ont fait le même traitement et n'ont rien noté d'anormal.
La différence est que monsieur. Dupont s'est précipité sur son papier et son stylo pour écrire dans une revue que les antibiotiques (sans même préciser lequel) "bûlent l'appareil reproducteur" alors que messieurs Duval et Durand n'ayant rien observé, n'ont rien écrit.
Et c'est ainsi qu'une conclusion trop hâtive, et par la force de la chose écrite, fait son chemin, est reprise par les uns et les autres de conversation en articles de presse et finit par être admise bien que sans fondement.